Monique, les mains d’or
Présente depuis les origines, Monique Rasoarimalala est l’une des petites mains les plus précieuses de l’entreprise.
À quelques années de la retraite, Monique souhaite par dessus tout transmettre tout ce qu’elle a appris à ses jeunes héritiers.
À l’atelier de maroquinerie, Monique fait office de doyenne au beau milieu des jeunes artisanes qui l’encerclent. Et pour cause. Embauchée à l’orée de ce siècle, dès la création de Kaloes, elle n’a depuis jamais cessé d’exercer. Disposant aujourd’hui d’un savoir faire certain, le crochet ou le « faufilage » n’ont aujourd’hui plus aucun secret pour elle. Une connaissance générale qu’elle s’efforce de faire partager aux employés qu’elle côtoie quotidiennement.
Ce désir de transmission revêt une grande importance à ses yeux. « Aujourd’hui, c’est aussi mon rôle de transmettre ce que j’ai appris aux plus jeunes. Je forme les nouveaux venus mais j’assure aussi un suivi vis à vis de ceux qui sont toujours là. J’essaye d’apporter mon expérience au niveau du crochet et de l’artisanat en général », dit elle avec sa voix douce et posée, respirant le calme et la sérénité. Un monde qui lui était encore inconnu au passage à l’an 2000, quand elle a frappé à la porte de Raffia Connection.
Ses premiers jours dans l’entreprise, Monique s’en souvient encore comme si c’était hier. « Quand je suis arrivée, j’ai commencé par me former au niveau du crochet. Comme il y avait beaucoup moins de clients à l’époque, j’avais du temps pour apprendre la technique et c’est venu assez rapidement. C’était ma toute première expérience dans le milieu de l’artisanat », rembobine celle qui en a fait un art aujourd’hui.
En jetant un coup d’oeil dans le rétroviseur, la maman de quatre enfants réalise pleinement le chemin parcouru en un quart de siècle. Témoin vivant de cet essor, elle a participé à chaque étape dans l’élévation de l’entreprise. « J’ai vu l’évolution de mes propres yeux. En vingt-six ans, nous avons progressé dans beaucoup de domaines (professionnel, environnemental, salarial…) Et je suis fière d’avoir pu assister à ça », s’enthousiasme l’une des petites mains les plus adroites de la boîte
« Je continue à apprendre »
Entourée de ses héritières naturelles dans l’atelier originel, Monique fait figure de modèle inspirant. Le geste est sûr, précis. Et l’oeil ne l’est pas moins. Mais même si elle considère modestement disposer aujourd’hui d’une « bonne expérience » dans le domaine, après avoir occupé beaucoup de fonctions différentes (crochet, petite main, finition, faufilage, contrôle qualité, formatrice…), l’ancienne brodeuse a toujours soif de connaissance. « Je continue encore à apprendre aujourd’hui », assure l’inaltérable manieuse de raphia.
À deux ans de la retraite, la belle aventure touche à sa fin. Monique le sait. Si ça ne tenait qu’à elle, elle continuerait bien encore quelques années supplémentaires. Mais le code du travail est ainsi fait. Alors elle a son plan en tête. « J’aimerais transmettre toutes mes compétences et mon expérience avant de dire au revoir. C’est ça mon objectif principal », confesse l’employée modèle, assurant être « toujours aussi heureuse de travailler ».
Ayant bénéficié du savoir de nombreux formateurs pour parvenir au niveau de maîtrise qu’elle a acquis à l’approche de la soixantaine, elle se retrouve désormais de l’autre côté du miroir. La formation fait partie intégrante de son ADN. Très reconnaissante envers ses employeurs, qui lui font confiance depuis bientôt trois décennies, Monique réalise subitement que la plus grande richesse dont elle dispose, ce sont ses mains. « Toute ma vie, j’ai travaillé à la main. C’est de là que vient mon talent. » Au sein de l’entreprise, personne n’osera la contredire.