Fanja, la fidélité incarnée
Depuis la création de l’entreprise, Fanja Raheliarinivo s’est affirmée en tant que chef d’équipes fidèle et appréciée de tous.
« Si on m’avait dit à l’époque que nous allions atteindre une telle envergure, je n’y aurais pas cru », confesse Fanja, dans les murs depuis le début de l’aventure.
De prime abord, Fanja pourrait paraître timide. Tout du moins réservée. Mais quand la conversation s’engage, le masque se craquelle rapidement et dès le premier éclat de rire, elle montre son vrai visage. Celui d’une employée épanouie dans ce qu’elle fait. Et reconnue pas ses pairs. Ce n’est pas un hasard si à chaque fin d’année, elle est régulièrement récompensée pour la qualité du travail qu’elle accomplit depuis plus de vingt-cinq ans au sein de l’entreprise. Mais aussi pour l’énergie positive qu’elle dispense autour d’elle. Une reconnaissance qu’elle accueille comme une « grande marque de respect » de la part des jeunes gens qui la côtoient au jour le jour.
Un respect qu’elle a su acquérir au fil du temps. Car Fanja fait partie des rares employés encore en poste à avoir assisté aux balbutiements de la firme de mode spécialisée dans le raphia, lorsqu’elle s’appelait encore Kaloes, en l’an 2000. Dès le début de l’aventure, l’ancienne crochetteuse aguerrie est propulsée chef d’équipes. Une fonction qu’elle n’a jamais quittée, même si en trois décennies, elle est passée par beaucoup d’ateliers très variés (rabane, machiniste cuir, faufilage, étiquettage…) « Aujourd’hui, j’alimente les différentes sections en étiquettes pour le traçage du produit avant qu’il ne soit distribué », tient-elle à précise.
À tel point qu’en voyant le bout du tunnel se profiler, Fanja est déjà presque mélancolique. À moins de quatre ans de la retraite, celle qui est montée dans le bus à l’âge de trente ans, observe le chemin accompli. « Aujourd’hui, j’ai deux petits enfants. Et quelques oies », se marre la jeune grand-mère dans un large sourire plein de dents. « En tout cas, je suis très contente d’avoir passé autant de temps dans la même entreprise. Ça ne va pas être facile quand ça s’arrêtera, parce que ça représente une grande partie de ma vie. Surtout que je me sens toujours très bien au travail. J’adore ce que je fais, mes collègues, l’ambiance… », dit-elle, avec une pointe de nostalgie précoce dans la voix.
« Nous sommes partis de rien »
En tant que témoin vivant de la métamorphose de Raffia Connection, Fanja, qui a vécu les hauts, mais aussi les bas, doit encore se pincer pour y croire. « Si on m’avait dit à l’époque que nous allions atteindre une telle envergure, je n’y aurais pas cru. Je ne m’y attendais pas du tout », avoue-t-elle honnêtement. « Nous sommes partis de rien. Au début, on travaillait de façon précaire, sur des tables et des chaises très modestes. Aujourd’hui, nous avons un mobilier moderne et des conditions de travail exceptionnelles. Avec des caméras, des ordinateurs… Là où avant, on avait juste un gardien pour sécuriser l’ensemble du bâtiment », témoigne la fidèle parmi les fidèles, ravie de trôner au sommet de l’arbre généalogique dans cette grande lignée d’artisans.
Depuis maintes années déjà, ce pilier essentiel de l’atelier ne rate jamais une occasion de distiller son savoir à celles et ceux qui sont amenés à prendre le relais. « Dès que j’en ai la possibilité, je transmets tout ce que j’ai appris aux jeunes employés qui débarquent », assure Fanja, incarnant à merveille le respect du travail bien fait.
Auprès des centaines d’employés qui l’entourent, Fanja fait l’unanimité.