Tiana, la passion du cuir
Responsable maroquinerie, Tiana Rakotoniaina voue une véritable passion pour le cuir, dont elle passée experte en la matière.
« J’aime travailler le cuir. Rien que de toucher la peau me procure du plaisir », avoue Tiana.
Entre Tiana et le cuir, la relation est passionnelle. Fusionnelle aussi. « J’aime travailler le cuir, avoue t-elle. Rien que de toucher la peau me procure du plaisir. Il y a des cuirs vraiment incroyables, comme ceux que nous travaillons ici. Et quand je vois sortir des sacs aussi magnifiques, je suis très fière. J’ai toujours été fière de notre travail d’ailleurs. Ça me rend heureuse, tout simplement. » Le discours est assez éloquent. À cet amour du travail bien fait se greffe celui de ses origines. « En tant que malgache, fabriquer des produits de luxe comme ça, c’est un immense honneur. Encore plus pour les sacs de la marque Kaloes, car c’est notre inspiration de A à Z », s’enthousiasme l’artisane.
« Au départ, dans mon ancienne boîte, j’étais une simple ouvrière. Mais le directeur général a vu que j’avais de bonnes aptitudes. Que j’étais douée et que je comprenais vite. Ils m’ont demandé de fabriquer un porte-monnaie en cuir et ils ont vu que j’étais la plus rapide, donc ils ont décidé de me former en tant que prototypiste », rembobine Tiana. C’est précisément pour ses talents de prototypiste et sa fine connaissance de la matière qu’elle a rejoint l’aventure chez Raffia Connection en 2021.
À l’atelier de maroquinerie, Tiana est partout à la fois. Ici, elle donne des conseils à de jeunes employés ne possédant pas encore le tiers du commencement de sa connaissance dans le domaine. Là, elle dessine les plans d’une future pièce amenée à figurer sur l’un des prochains sacs confectionnés à Tananarive. Un regard expert qu’elle met au service de l’entreprise depuis plus de cinq ans maintenant, après avoir façonné son expérience dans une autre société exploitant la peau de bœuf par le passé.
Même si le cuir, originaire d’Italie ou encore de Pologne, est le seul matériau importé dans la longue chaîne de fabrication.
Dans l’atelier de maroquinerie, Tiana est dans son élément. En passant d’un étage à l’autre du bâtiment, elle ne laisse rien au hasard. « Je dois avoir un œil partout, se justifie-t-elle. Je suis là aussi pour former les gens. Et j’estime qu’il y a toujours des choses à améliorer. »
“Au dixième de
millimètres près”
Outre sa fonction de responsable, avec cinq collaborateurs sous son autorité, chapeautant les différentes strates de l’atelier, c’est elle qui modélise les nouvelles lignes de sacs sur son ordinateur, avant que les découpes de cuir ne soient confiées à une machine automatisée d’une justesse absolue.. Car dans le monde du luxe, toute forme d’approximation est à bannir. « C’est un travail de haute précision, au dixième de millimètre près. Dans le luxe, on n’a pas droit à l’erreur. Chaque détail compte. Vis-à vis de nos clients, la finition doit être impeccable », répète-t-elle à l’envi.
Cette exigence la caractérise elle aussi. En s’attardant sur les années écoulées, la maroquinière visionne le chemin accompli depuis qu’elle a signé son premier contrat dans la fabrique de ses rêves. « Nous avons énormément évolué depuis que je suis là. Quand je suis arrivée, l’entreprise commençait à peine à décoller. Aujourd’hui, nous avons atteint un rythme de production bien plus élevé. À tel point qu’à l’atelier, nous commençons à manquer de place. Nous allons donc devoir déménager dans les années à venir. J’ai hâte. J’ai envie d’avoir mon propre bureau avec mes équipes de développement à proximité », se projette-t-elle déjà, sans parvenir à camoufler son impatience.
Elle insiste également sur le virage technologique majeur que la direction a dû prendre pour répondre à la demande d'une clientèle de plus en plus variée et de plus en plus exigeante. « Je ne sais pas s'il existe d'autres usines à Madagascar disposant d'un matériel de pointe comme le nôtre ? », se questionne Tiana. On pourrait lui répondre que peu de sociétés doivent s'appuyer sur des responsables aussi passionnés qu'elle.
À l’atelier de maroquinerie, la responsable est partout à la fois.